Faces of Evil en VF
S'il y en a qui veulent se taper de la relecture, ils sont les bienvenus.
Sommeil et Rêves
Pour faire simple, les baatezus sont des créatures vivantes, et toutes les créatures vivantes ont besoin de se reposer, même si ce n’est que pour quelques temps. Ceux de rangs inférieurs dorment plus souvent que ceux de rangs supérieurs, même si leurs périodes de repos durent moins longtemps. Par exemple, les lémures parviennent à arracher quelques moments pour dormir – guère plus de cinq minutes à la fois – entre les longues périodes où ils sont entassés, bousculés et contraints à se battre. Les spinagons, de la même manière, doivent toujours être disponibles pour leurs supérieurs, et peuvent juste faire un petit somme. Le repos d’un spinagon ne dure qu’une heure en moyenne et, par conséquent, ces fiélons doivent dormir plusieurs fois par jour. En général, les baatezus de faibles rangs qui font bien leur boulot se voient accorder plus de temps pour se reposer.
Et il en va de même en gravissant les échelons. Les hauts gradés sont surchargés et ont peu d’opportunité pour dormir, mais lorsqu’ils se reposent, c’est pour de longues durées. Bien entendu, les ambitions Baatoriennes contraignent la plupart des grossiums à consacrer tout leur temps d’éveil à la servitude, et ils ne s’accordent habituellement aucune pause. Ils ont besoin de prouver leur valeur, et ceux qui aspirent à faire quelque chose d’eux-mêmes dorment le moins possible. Etant donné que ce sont des créatures qui possèdent une volonté prodigieuse, les baatezus peuvent rester éveillés plusieurs mois d’affilé. Mais lorsque l’épuisement s’empare d’eux… il suffit de dire qu’ils sont hors d’état de nuire pendant une ou deux semaines. C’est pire en ce qui concerne les plus grands fiélons. Ils peuvent se tenir éveillés pendant des années, des décennies, voire même des siècles. Mais ils en payent finalement les conséquences, et perdent totalement conscience jusqu’à ce qu’ils recouvrent leur stock d’énergie.
C’est la raison pour laquelle ils protègent aussi jalousement les endroits où ils dorment. N’importe quel lascar qui arrive à s’approcher d’un baatezu endormi pourrait lui occasionner des dommages considérables avant qu’il n’émerge de sa léthargie. C’est pourquoi les lieux de repos des baatezus sont encerclés de glyphes et dissimulés avec le plus grand soin. Naturellement, plus le fiélon est puissant, et plus il en va de même pour ses protections. Malheur au pauvre fou qui tente de profaner le sommeil d’un diantrefosse !
Concernant le ratio exact entre le temps d’éveil et de sommeil, il faut s’en référer encore à la Règle des Trois – ou une variante de celle-ci. Du mieux que je puisse dire, les baatezus dorment normalement une heure pour chaque tranche de neuf heures d’éveil, avec de légères différences accordées suivant la discipline qu’ils emploient. (Il est bien connu que les baatezus suivent les doctrines de la loi plus étroitement que les autres.) Je dois admettre que ma théorie est basée sur l’observation des fiélons de bas rangs ; je n’ai pas eu la chance d’évaluer le temps de repos des créatures supérieures, mais c’est juste parce que je ne vivrai pas assez longtemps pour ça.
En ce qui concerne le sujet suivant : à savoir, est-ce que les baatezus rêvent ? C’est une bonne question. J’ai rassemblé suffisamment de preuves pour affirmer de manière précise que les baatezus font bien des rêves, et que leurs rêves sont plus expressifs que ceux des mortels. Bien entendu, ils ont leurs propres concepts sur ce qui est un bon ou un mauvais rêve. Ce qu’un baatezu pourrait considérer comme un cauchemar pourrait bien être un rêve délicieux pour un tanar’ri, une bénédiction pour un archon, ou un vague délire indigeste pour un azimuté du plan Primaire. Les rêves les plus agréables des baatezus sont bien souvent considérés comme d’horribles cauchemars pour les lascars qui vivent dans les plans.
Ces rêves ont également une raison d’être ; ils servent à dynamiser les fiélons pour leurs prochaines périodes d’insomnie. Je pense aussi que les baatezus tirent leurs rêves – et y contribue - d’une sorte de rêverie planaire collective. (Les Plans Extérieurs sont battis sur la croyance, et qu’est-ce que les rêves sinon les croyances du subconscient ?) Les rêves Baatoriens imposent un ordre effroyable dans les esprits de ceux qui partagent ces visions, mais la corruption va dans les deux sens : les baatezus sont affectés par les perceptions des autres.
Pouvoirs
Regnus Roy
Les baatezus sont des lascars endurcis. Chaque espèce possède une ou plusieurs capacités spéciales ; même les bougres de lémures se régénèrent lorsqu’ils sont tailladés en morceaux. La plupart des baatezus ont également des capacités spéciales bien distinctes. Et tous, qu’ils soient mineurs ou majeurs, partagent les mêmes capacités spéciales en plus des autres.
Voyez-vous, ils peuvent créer des illusions à partir des minces tissus d’espace et d’esprit. Ils peuvent ranimer les morts (même si les cadavres n’ont plus aucune étincelle de vie). Ils peuvent plier les péquins à leur volonté. Ils peuvent voir dans l’obscurité. Ils peuvent prédire les ambitions des matois juste en les regardant. Et, pire que tout, ils peuvent se déplacer d’un endroit à un autre – même de plan en plan – uniquement en y pensant.
Bien entendu, les fiélons ne font pas souvent appel à ce dernier pouvoir ces derniers temps. Au lieu de se téléporter partout dans le multivers, ils empruntent les Grandes Routes et les portails ordinaires. Les affranchis avisés pourraient bien se demander si peut-être, et seulement peut-être, les baatezus ont du mal à accomplir certains de leurs pouvoirs. D’un autre côté, s’ils ne jurent que par ça, les péquins pourraient se demander si, après coup, les fiélons ne sont pas simplement en train de les peler, et ce type de pensée amènerait à voir des baatezus dans chaque recoin et sous chaque lit.
Il est préférable de se dire qu’ils sont aussi coriaces qu’ils l’ont toujours été. Mieux vaut prévenir que guérir.
Le soltif
Tous les baatezus (et tanar’ris) ont perdu leur capacité de téléportation sans erreur, tel que décrit dans la boite Hellbound : The Blood War*. Les fiélons ne peuvent retrouver cette capacité qu’en jurant fidélité aux yugoloths, qui les ont secrètement dépouillé de ce pouvoir. Peu de baatezus ont admis cette perte aux autres, et encore moins à leurs ennemi ; ils ne souhaitent pas être perçus comme vulnérables. Dans les plus hautes sphères, les diantrefosses discutent de ce problème. Et, entre-temps, ils ont simplement transmit un décret qui interdit aux faibles rangs d’essayer d’utiliser ce pouvoir.
* Voir le scénario Squaring the Circle
Altérations
Le fait que les baatezus se soient amusés à trouver des moyens de se rendre plus puissants n’est pas un soltif. Ils ont créé des « groupes d’études » pour voir à quel point un peu de tripatouillage dans leur processus de promotion pouvait altérer leurs capacités standards. J’ai vu le résultat de mes propres yeux. Certaines d’entre elles sont plus drôles qu’un modrone paumé dans les Limbes, mais d’autres sont franchement effrayantes, je n’hésite pas à le dire.
Plus effrayantes encore que ces changements sont les connaissances qui se sont avérées efficaces et que les baatezus s’apprêtent à mettre en œuvre. Ça signifie que ces biges peuvent truquer chaque rituel de promotion pour se rendre encore plus forts et meurtriers que jamais. La chanson que j’ai entendue à Sigil raconte que de nombreux grossiums baatezus sont traditionnalistes et ne souhaitent pas gaspiller leur temps avec des méthodes expérimentales, mais certains sont plus aventureux - ils croient que maitriser ces changements est la meilleure façon de s’assurer que des modifications incontrôlées n’affaibliront pas la race. Quoiqu’il arrive, les résultats détermineront le destin des baatezus et, par conséquent, celui des Plans Inférieurs.
Voici tout ce dont j’ai été capable de dénicher. Chacune de ces expérimentations bien distinctes est présidée par un grossium baatezu différent, même si je serai prêt à parier qu’aucun de ces dirigeants ne soit de plus faibles rangs qu’un diantrefosse. Mais il y a une chose qui peut nous aider : lorsqu’un baatezu a été altéré, ça se voit – l’apparence extérieure du fiélon change. Malheureusement, ces différences sont légères ; elles sont pratiquement invisibles pour les biges qui n’ont pas passé leur temps à étudier les formes des baatezus.
Cornugons acidifiés.
L’arme offensive principale d’un cornugon est sa capacité à lancer des éclairs qui n’a aucun effet sur la plupart des tanar’ris. Ce qui est un peu inutile dans les batailles de la Guerre Sanglante, si vous voulez mon avis. Les baatezus ont dû y penser également, parce que pour certains cornugons, ils ont changé l’électricité en acide. Leur nouveau pouvoir de jet d’acide inflige les mêmes dégâts que leurs anciens éclairs, mais provoquent une plus grande part de douleur et d’hurlements.
Les cornugons qui projettent de l’acide ont une teinte plus brunâtre que les autres, et leurs mains sont dépourvues d’écailles.
Barbazus équipés de fer froid.
Les glaives barbelés habituels des barbazus sont peu à peu remplacés par des armes similaires faites en fer froid forgé. Ça n’est pas le cas pour tous – avez-vous déjà essayé de convaincre un barbazu de renoncer à son glaive pour un autre ? Mais certains grossiums baatezus ont fait pression pour ce changement radical. Après tout, les barbazus sont avant tout des guerriers de la Guerre Sanglante, et le fer froid occasionne davantage de dégâts aux tanar’ris que l’acier normal.
Vu que ce changement n’altère pas l’apparence des barbazus, ceux qui possèdent des glaives en fer froid ne semblent pas différents des autres. Bien entendu, les armes elles-mêmes sont plus grises et un peu moins brillantes.
Spinagons magiques.
Tout le monde sait que les épines des spinagons se consument lorsqu’elles sont ôtées de leur corps. Jusqu’à maintenant, ce feu n’était qu’une réaction ordinaire entre le sang du fiélon et l’air. Mais les baatezus ont altéré certains des Rituels de Chute d’Epines pour en faire une flamme magique. Bien que cela semble causer un léger épuisement des réserves des spinagons (ils perdent un peu de leurs forces vitales pour chaque épine projetée), j’en ai entendu plus d’un dire que ça en valait la peine. Qu’ils aient dit ça parce qu’ils l’avaient entendu dire, ou parce qu’ils y croyaient vraiment, c’est juste une question de point de vue.
Les spinagons qui possèdent cette amélioration ont une couleur légèrement plus rouge et plus foncée que leurs compagnons.
Gélugons ardents.
Tous les baatezus subissent la totalité des dégâts causés par l’électricité et les éclairs, et certains gélugons ont été adaptés pour essayer de contourner cette faiblesse. Ces fiélons ont une résistance plus grande à l’électricité et aux éclairs, qu’ils soient magiques ou autre, et ils ne subissent que la moitié des dégâts de ces attaques. Malheureusement pour eux, le processus rend également leur peau moins glaciale, de sorte que leur pouvoir d’émettre du froid avec leur queue a également diminué de moitié.
L’affranchi peut distinguer un gélugon qui résiste à l’électricité grâce à sa peau étrange (qui est plus transparente que d’ordinaire) et ses antennes supplémentaires au sommet de son crâne.
Gélugons glacés.
Une autre de ces expériences a engendré des gélugons plus froids que d’habitude. Voyez-vous, les yugoloths ont une étrange vulnérabilité au froid, de sorte que les grossiums baatezus aiment envoyer des détachements de gélugons améliorés aux côtés des compagnies de mercenaires yugoloths. En augmentant la puissance du froid des gélugons, les diantrefosses espèrent ainsi que les yugoloths ne les empailleront pas – à moins qu’ils n’aient envie de se faire totalement décimer par leurs camarades baatezus.
Les gélugons ainsi traités sont d’un bleu éclatant qui ne s’estompe pas, même dans la morne désolation de la Gaste Grise.
Assassins.
Les baatezus ont perdu suffisamment des leurs à cause des assassins cambions, et ils reconnaissent désormais la valeur de ces fiélons d’élite doués pour l’infiltration et le meurtre. Et, actuellement, ils sont en train de créer les leurs. Les baatezus qui se voient confier cette tâche sont choisis dans toutes les classes sociales, qu’ils soient mineurs ou majeurs - les plus brillants sont même sélectionnés dans les rangs avant leur promotion. On leur promet un grade supérieur lors de leur prochaine promotion s’ils démontrent qu’ils sont de bons assassins ; peu de baatezus refusent. Ils doivent alors renoncer à une capacité de leur rang actuel – un de leurs pouvoirs, au hasard, est tout simplement extirpé de leur corps – mais en échange, ils gagnent la capacité de se rendre invisible et de se déplacer silencieusement à 90% du temps.
Les baatezus choisis pour intégrer cette élite ont tendance à être plus minces et moins grands que leurs compagnons, et ils se déplacent aussi silencieusement qu’une brise.
Illusionnistes.
Toutes les expériences ne sont pas des succès notoires. J’ai entendu une chanson selon laquelle on aurait amélioré le pouvoir d’illusion majeure de certains fiélons, les rendant suffisamment puissantes et réelles qu’elles duperaient mêmes les mariliths. Par ailleurs, ces baatezus peuvent faire en sorte que leurs illusions attaquent et infligent de véritables dégâts physiques.
Mais voilà le problème : chaque fois que ces fiélons font appel à ces pouvoirs améliorés, ils doivent céder une partie de leur force vitale de façon permanente pour que cela fonctionne. La rumeur dit que lorsqu’ils ont complètement épuisé leurs ressources, ils disparaissent totalement. Pas de promotion pour ces quoquerets, hein ? Le fiélon qui a la responsabilité de ce groupe ferait mieux de se faire tout petit.
Les baatezus qui appartiennent à cette catégorie sont émaciés et chétifs – encore plus que les osyluths. (Je n’ai jamais vu d’osyluth avec ce pouvoir, ou peut-être que oui, mais je n’ai pas été capable de faire la différence).
Fiélons aveugles.
Tous les fiélons sont vulnérables aux projectiles magiques ; les baatezus ont donc décidé d’en tirer parti. Malheureusement (pour eux), la méthode qu’ils ont mise au point ne fonctionne pas très bien. Voyez-vous, ils ont essayé de créer des fiélons pouvant tirer des projectiles à partir de leurs yeux. Cet aspect-là fonctionne plutôt bien. En combat, ils peuvent tirer deux projectiles magiques par minute – un pour chaque œil – avec une réserve illimitée, et les tirs infligent les mêmes dégâts que ceux produits par le sort de mage. Mais ces pauvres bougres lancent indistinctement les projectiles à chaque fois que leurs yeux sont ouverts. Lors des combats, ils sont tout à fait redoutables, mais lorsqu’il est temps de quitter le champ de bataille, il faut leur bander les yeux.
De plus, les bougres n’y voient pas grand-chose, qu’ils aient les yeux bandés ou non. Un fiélon mineur doit donc les guider et diriger leur regard afin qu’ils causent le maximum de dommages. Bien entendu, les baatezus étant ce qu’ils sont, certains guides redirigent leurs fardeaux sur les baatezus qui les ont irrités, et se servent des projectiles pour venger leurs vieilles rancunes. (Croyez-le ou non, certains de ces guides sont même récompensés pour ce genre de fourberies ingénieuses).
Les promotions semblent régler ce problème – les yeux des fiélons redeviennent normaux dès qu’ils atteignent le grade suivant dans la hiérarchie. Mais ils perdent une capacité de leur nouveau rang, au hasard.
Quoiqu’il en soit, le fiélon qui supervise ces expériences a décidé d’y renoncer. Une fois que tous ces baatezus seront morts ou promus, il n’en restera plus aucun.
Lanceurs de sorts.
La plupart des différents types de baatezus ont des pouvoirs magiques naturels, mais ils n’ont jamais eu la capacité d’apprendre des sorts dans un grimoire et de les lancer comme le feraient des lanceurs de sorts. Et j’espère qu’ils n’y arriveront jamais. Mais les rapports qui me sont parvenus sont trop nombreux pour les mettre de côté. Je n’en ai pas vu la preuve, mais j’ai entendu dire que certains baatezus manient ce qu’ils appellent « la magie apprise » (pour faire la distinction avec leurs pouvoirs magiques naturels).
La rumeur dit que ces fiélons doivent sacrifier un ou plusieurs de leurs pouvoirs naturels pour acquérir l’usage de sorts. Mais je dirai même que c’est un bon deal. J’imagine que ces biges emportent leurs composantes de sorts partout où ils vont, et qu’ils sont donc discernables. Mais comme je l’ai dit, je ne les ai pas vus, et je ne peux donc pas déterminer à quoi ces « fiélons magiciens » ressemblent.
Moi ? Azimuté ? Et alors, c'est quoi le problème bige ?
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Rezzik Tam
J’ai demandé à Nomoto Sinh de me laisser m’occuper de cette partie du chapitre. Je déteste sans aucun doute les baatezus plus que quiconque à ma connaissance. Qui serait mieux placé que moi pour enquêter sur les façons de tuer ces pourritures de monstres ? Ecoutez-moi bien : ces créatures ont deux sortes de vulnérabilités, à la fois physiques et spirituelles. Le matois avisé utilisera les deux au cas où il aurait besoin d’affronter un de ces fiélons.
Vulnérabilités physiques
La meilleure façon de nuire aux baatezus, c’est avec de l’acide, de l’électricité ou des projectiles magiques. Il semble qu’ils ne puissent pas ignorer les dégâts de ces types d’attaques aussi facilement qu’ils peuvent ignorer le poison ou le feu (ou, pour dire la vérité, aussi facilement que les tanar’ris). Le froid, les attaques à base de gaz et parfois même l’argent ne feront que la moitié des dégâts escomptés, et si vous combattez un baatezu avec de telles armes, soyez prêt à tenir plus longtemps que vous n’auriez eu à le faire avec un bige ordinaire. Mais cela va sans dire.
Les armes saintes ont aussi tendance à faire plutôt bien l’affaire mais, en général, ces monstres détectent ces objets de loin. J’ai entendu l’un d’eux prétendre que les armes saintes dégagent une sorte de lueur qu’ils peuvent percevoir et même ressentir profondément dans leurs esprits. Ah ! J’ai entendu de meilleurs mensonges de la bouche des archons. Mais il est vrai qu’il est incroyablement difficile de dissimuler une arme sainte en présence d’un baatezu (ou d’un fiélon d’une autre espèce) - vous feriez tout aussi bien d’annoncer clairement vos intentions.
L’eau bénite est tout aussi efficace, et je n’ai jamais entendu ces monstres prétendre que ça dégageait de la lumière. Toutefois, n’aspergez un baatezu avec de l’eau bénite que si vous envisagiez réellement de l’affaiblir. Si le monstre possède toutes ses forces, la flotte ne le blessera pas beaucoup plus qu’un léger acide, et ça ne servira qu’à mettre le fiélon hors de lui plus que jamais.
Enfin, pour ceux qui ont du cran, on raconte que le moyen le plus sûr de se débarrasser d’un fiélon est de le couper en morceau et de le dévorer. C’est de cette façon que les tanar’ris empêchent les lémures et les nupperibos de se régénérer durant les batailles de la Guerre Sanglante – ils bouffent ces stupides monstres. (Si l’essence d’un baatezu est ingérée par un autre, il cesse d’exister). Mais est ce que cette astuce fonctionne aussi sur les baatezus de hauts rangs ? Ça se pourrait bien, mais les chances sont telles que seul un estomac de fiélon serait apte à cette tâche. Par ailleurs, le goût de la chair baatezu n’est pas une chose que vous aimeriez essayer deux fois – croyez-moi, j’en sais quelque chose.
Vulnérabilités spirituelles
La plupart des gens préfèrent essayer de tuer les baatezus avec une fourche quelconque plutôt que spirituellement (ou mentalement, si vous préférez). Mais rappelez-vous : ces monstres sont intrinsèquement mauvais, et je pense personnellement que le pouvoir d’un esprit mauvais n’est rien comparé à celui d’une personne bonne qui se tient face à lui. Souvenez-vous de ça !
L’un des moyens d’engager un fiélon loyal dans un combat mental est d’agir de manière complètement chaotique. Déplacez-vous sans but apparent ; agissez sans réfléchir. Le lascar moyen est tellement programmé que ce qu’il pense être de simples réflexes sont en réalité des réactions qu’il a apprises il y a longtemps. Et ces réactions peuvent être désapprises. Cependant, si le baatezu a la chance d’étudier ou de questionner ses adversaires d’une quelconque manière – et plus le baatezu est fort et moins de temps ça lui prendra – le monstre pourra facilement discerner ses réflexes et ses instincts. Dans ces cas-là, un comportement chaotique ne sera pas efficace contre le fiélon. Cette tactique ne fonctionne que si le baatezu et son adversaire n’ont eu que peu de contact.
Il existe un autre moyen pour ceux qui ne sont pas trop enthousiastes à affronter un baatezu. C’est plus dangereux, je vous l’accorde, mais la récompense peut être plus grande. Essayez simplement de convaincre le fiélon qu’il se trompe. Malheureusement, il n y a pas de méthodes simple pour y parvenir. Les baatezus se sont cultivés durant leur vie entière à tel point que leur façon de faire est la bonne, et les arguments d’un mortel ne les feront pas revenir sur la question – pas à moins d’avoir une langue habile et la chance des dieux.
Mes compagnons et moi-même avons dû avoir de la chance, car nous avons pu défier une fois un abishaï vert en lui démontrant le pouvoir persuasif du chaos et sa nécessité dans l’équilibre du multivers. Nous avons réussi à embrouiller le monstre pendant quelques minutes, mais c’était tout ce dont nous avions besoin pour nous enfuir. Je ne pense pas que cette tactique fonctionnerait avec un baatezu plus tenace et plus intelligent.
Naturellement, il existe d’autres moyens pour traiter avec ces monstres qui ne nécessitent pas de combattre physiquement, mais les baatezu ont appris à les discerner et à s’en défaire le plus vite possible. Ces créatures détestent se faire duper, et elles sont bien déterminées à ne jamais se faire avoir deux fois par la même magouille. Les baatezus apprennent de l’expérience ; s’ils ne le pouvaient pas, ils seraient tout aussi stupides que les tanar’ris.
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Les baatezus prétendent qu’ils sont immortels, qu’ils pourraient vivre éternellement s’ils n’étaient pas dérangés par toutes sortes de futilités, comme les tanar’ris ou les mortels avec leurs épées saintes. Mais même ainsi, même lorsqu’ils meurent en combat, ils nous font croire qu’ils se réincarnent toujours sur Baator.
Ha ! Si c’était vrai, les fiélons ne s’embarrasseraient pas à corrompre les mortels et à dérober leurs esprits pour en faire des larves, n’est-ce pas ? Les baatezus ne s’épuiseraient jamais, et ils n’auraient nullement besoin de se renflouer. Et croyez-vous vraiment que tous les baatezus qui pullulent aujourd’hui sont les monstres originels issus des premiers jours, au commencement de toutes choses ? Je pense que les mystérieux Seigneurs des Neufs ont pu vivre aussi longtemps, mais pour le reste des baatezus, trop de temps s’est écoulé pour qu’ils puissent encore exister (à moins de s’être cachés si prudemment et d’avoir préservés leurs vies si astucieusement qu’ils ont échappé aux connaissances des mortels).
Bien entendu, les baatezus se réincarnent vraiment de temps en temps. Ceux qui meurent sur Baator, meurent purement et simplement. Mais qu’en est-il des fiélons qui meurent lorsqu’ils se retrouvent en dehors de leur plan natal ? Et bien, s’ils ont été convoqués ou soutirés d’une autre manière de leur plan sans l’avoir choisi délibérément, ils renaissent sur Baator (voir « Bannissement » ci-dessous).
Toutefois, s’ils quittent le plan de leur plein gré (et obéir aux ordres d’un supérieur est considéré comme un plein gré), ils s’exposent aux risques de la vraie mort. Ce qui veut dire que s’ils se font tuer, ils meurent. Pour toujours. Ils n’embêteront plus jamais les braves gens.
Bien sûr, les monstres de haut rang font en sorte de se protéger de la vraie mort. Les fiélons pourraient charger un serviteur de lancer sur eux un sort de portail pour les emmener dans un autre endroit, ou mettre en place une conjuration spéciale qui les renverrait sur Baator après que leurs ignobles missions soient accomplies. Même dans la Guerre Sanglante, les commandants des armées baatezus côtoient rarement la vraie mort. Ils comptent généralement sur les éclaireurs ou sur des mortels lanceurs de sorts dignes de confiance (en d’autres termes, bien payés) pour lancer un sort de portail ou les conjurer hors du combat. En général, les cornugons ou les fiélons de plus hauts rangs n’essayent pas de quitter Baator de leur plein gré s’ils peuvent l’éviter (même si parfois ils n’ont pas le choix).
Les fiélons craignent la vraie mort plus que toute autre chose. Contrairement aux mortels, qui peuvent prétendre à une vie après la mort, les baatezus ne savent pas ce qui les attend après. Certains supposent que les fiélons ont une après-vie semblable aux forces primordiales, ou qu’ils se rapprochent de la vérité (ce que beaucoup d’Adorateurs de la Source prétendent). Personnellement, je crois, et j’espère, que rien n’attend les fiélons si ce n’est l’oubli. Mais c’est un grand mystère, et les baatezus redoutent et ne supportent pas d’être incapables de planifier tout ce qui est incertain. Cela va à l’encontre des instincts de leur ignoble existence.
Oh bien sûr, les fiélons font de grands efforts pour dissimuler ces connaissances sur la vraie mort. Ils n’ont pas envie que des biges pensent qu’ils sont effrayés par ce qui se trouve au-delà du voile, ce qui peut expliquer en partie leur vanité et leur vantardise. Ils ne souhaitent pas non plus que les gens pensent que les baatezus peuvent être tués de façon permanente – tout n’est qu’une question de position et d’attitude. Ces monstres essayent de montrer l’image la plus féroce possible. Mais ça ne déjoue pas pour autant l’éventualité de leur mort.
Bannissement
Tel que je l’ai dit plus haut, si un baatezu se retrouve en dehors de Baator sans avoir choisi délibérément de quitter le plan, il est fort probable qu’il soit à l’abri de la vraie mort. La plupart des fiélons qui sont tués en dehors du plan, quant à eux, se réincarnent sur Baator ; seuls les lémures et les nupperibos restent morts.
Vous vous demandez sûrement pourquoi j’ai classé ce pouvoir de réincarnation dans les faiblesses des baatezus. Tout simplement parce que je considère cette situation pour ce qu’elle est : un bannissement. Si vous tuez un barbazu en Arborée qui a été conjuré, sa force vitale retournera sans aucun doute sur Baator afin qu’il puisse renaître, mais vous l’aurez tout de même banni de l’endroit qu’il projetait de souiller.
Alors qu’est ce qui empêche le monstre de se rendre au portail le plus proche et de reprendre le combat avec vous ? Tout dépend du type de fiélon. La plupart des baatezu mineurs renaissent en tant que nupperibos – la forme de vie naturelle de Baator – et sont par la suite reformés en lémures puis contraints de se frayer à nouveau un chemin sur l’échelle des promotions. Ces fiélons reformés perdent une partie de leur mémoire tant qu’ils ne retrouvent pas leur ancien grade, même si rien ne garantit qu’ils puissent à nouveau grimper aussi haut.
La plupart des baatezus de haut rang retournent également à l’état de nupperibos. Mais ils essayent de s’en prémunir en laissant des instructions à leurs plus fidèles lieutenants, pour qu’on puisse les retrouver si jamais ils venaient à mourir et à renaître. En général, les fiélons les plus exceptionnels (les érinyes et ceux de plus haut rang) restent peu de temps au stade de nupperibos, jusqu’à ce que leurs lieutenants remarquent leur absence et partent à leur recherche parmi les hordes de grosses créatures.
Une fois qu’un nupperibo est clairement identifié comme étant un ancien grossium, il est possible que le fiélon retrouve son grade précédent. Ça ne se fait pas en un clin d’œil cependant. Le nupperibo doit tout de même être reformé en lémure, puis gravir les rangs un à un, même si le processus peut être accéléré plutôt que d’avoir à nouveau à prouver sa valeur encore et encore.
Mais c’est tout de même risqué – les baatezus déchus peuvent servir des centaines d’années en tant que nupperibos avant qu’on ne les retrouve. De plus, j’imagine que les baatezus ont du mal à différencier les nupperibos entre eux. C’est la raison pour laquelle les fiélons de haut rang font de leur mieux pour s’assurer d’être reconnaissables. Toutefois, il arrive de temps à autre que les instructions qu’ils ont laissées se « perdent » délibérément, et le fiélon n’a alors d’autre choix que de gravir à nouveau les échelons. Telle est la politique de Baator. Mais pour les fiélons, grimper les échelons est préférable à l’incertitude de la vraie mort.
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En gros c'est le contraire de déchu.
Les céleste déchus échouent dans les Plans Inférieurs.
Les fiélons "risen" se retrouvent dans les Plans Supérieurs.
Quelqu'un aurait une idée ?
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Pour le moment, je préfère le terme repentis qui me semble plus explicite.
Allez hop, voici la suite du chapitre sur les Baatezus... Ça avance petit à petit. J'ai pas l'impression que ça intéresse grand monde...
Convoquer les Baatezus
Nomoto Sinh
Les contes populaires racontent que les baatezus ne peuvent pas entrer dans les Plans Supérieurs ou dans le Plan Matériel Primaire sans avoir été convoqués lors d’un rituel spécifique qui les lie pendant neuf jours ou neuf heures, suivant la force du fiélon. Mais voici la vérité à ce sujet : les baatezus peuvent voyager dans les plans aussi librement que les tanar’ris. Ils l’ont toujours pu. Et il est probable qu’ils le pourront toujours.
Mais de temps à autre, leurs supérieurs en décident autrement, établissant des pactes et des accords qui maintiennent un certain nombre de fiélons à certains endroits et pour certaines périodes (bien que seules les puissances en connaissent la raison). Dans de tels moments, les baatezus ordinaires ne peuvent pas errer dans les plans à volonté. Et aucun baatezu avec un minimum de bon sens n’irait contredire les ordres des grossiums de Baator, à moins qu’ils n’aient envie de contrarier ses supérieurs avec un tel acte de rébellion. (Les érinyes sont une exception, comme me l’a complaisamment informé mon contact, et elles sont libres de voyager sur d’autres plans, qu’elles aient été convoquées ou non). Ces créatures doivent soit obéir, soit attiser la colère de ceux qui leur donnent des ordres, sans oublier celle des légions de fiélons qui accompagnent ces dirigeants. C’est un terrible obstacle pour les baatezus, et seuls ceux qui sont incroyablement stupides ou courageux tentent de le contourner.
Certains le font, bien entendu, et ils se rendent sur le Plan Primaire ou dans les Plans Supérieurs même lorsqu’on leur a interdit de le faire. Ces fiélons ne retournent jamais sur Baator, à moins qu’ils ne puissent prouver que ce qu’ils ont accompli valait la peine d’abandonner les seigneurs baatezus. Et comme c’est généralement impossible, les vagabonds se tournent souvent vers le chaos ou rejoignent les rangs des repentis (même si certains continuent de poursuivre leurs idéaux de loi et de mal sur le Plan Primaire).
Bien entendu, ces déviants sont très rares. C’est pourquoi de nombreux baatezus qui ont vraiment été convoqués sur le Plan Primaire s’arrangent pour avoir le privilège de traquer leurs compagnons « infidèles ». Ils ne souhaitent pas que ces fiélons errants donnent une mauvaise réputation aux baatezus partout où ils vont.
Comment les convoquer
Au cours de mes recherches, je suis tombé sur des tas de bibards qui promettaient de m’enseigner « le meilleur sort de convocation du multivers » en échange d’un verre. Il ne fait aucun doute que certaines de leurs histoires avaient une once de vérité, mais ces méthodes sont, au mieux, dangereusement infondées. Les mages qui souhaitent convoquer un baatezu devraient se fier à des méthodes beaucoup plus connues (telles que décrites en introduction de ce recueil).
Malheureusement, la plupart des sorts de convocation ont été conçus pour que même un amateur puisse les lancer (même médiocrement). Les conséquences d’une convocation incorrectement lancée peuvent dévaster des kilomètres entiers du Plan Primaire. Et il y a toujours une chance qu’un bige lanceur de sorts s’arrange pour attirer un fiélon qui interprète ces convocations indécentes comme une raison de répandre le massacre (même si le danger est moindre avec les baatezus qu’avec les tanar’ris). On raconte l’histoire d’un mage qui a relâché par inadvertance un barbazu sur son monde primaire. Le fiélon a ouvert un portail pour ses camarades afin de dévaster l’endroit, et ils le firent avec délectation. Quand un diantrefosse est finalement apparut pour rappeler ces renégats, le barbazu avait détruit plus de la moitié du monde.
Deux sortes de convocations différentes fonctionnent sur les baatezus. La première appelle le fiélon par son nom, le soutirant de sa tâche sans se soucier de ce qu’il était en train de faire. Un baatezu ainsi convoqué est presque toujours furieux d’avoir été arraché de ses fonctions. Abandonner une tâche donnée par ses supérieurs est l’un des pires crimes qu’un baatezu puisse commettre ; et extirper un fiélon de ses propres complots est l’une des pires insultes qu’un convocateur puisse faire. Et comme les baatezus sont toujours impliqués dans une quelconque tâche ou complot, il est peu probable qu’un mage en attire un de bonne humeur – à moins que le fiélon ne puisse manipuler le fou à ses propres fins.
La deuxième forme de convocation puise parmi un panel de candidats potentiels, administrés par Furcas (le membre des Sombres Huit responsable des relations mortelles). Comme on peut s’y attendre, les grossiums de Baator ont déterminé les lieux où les cristaux de sorts sont susceptibles d’apparaître en chaque endroit du multivers – ces objets attirent les créatures convoquées pour les emmener près du convocateur. Ils placent donc divers baatezus aux points les plus importants. (Naturellement, ce qu’ils considèrent comme « important » dépend en réalité de la faction fiélonne qui détient le pouvoir à ce moment-là, et le nombre et le type de baatezus affectés aux points d’accès changent pratiquement de jour en jour).
Lorsqu’un cristal de sort finit par apparaître, le fiélon saute dans l’ouverture et se retrouve convoqué à l’endroit où se tient le lanceur de sorts. Bien entendu, les baatezus en poste devant les points d’accès sont informés des tâches à accomplir une fois qu’ils arrivent à destination. Pour la plupart d’entre eux, ils ont une latitude considérable dans la façon d’accomplir leurs objectifs, mais chacune de leurs actions se répercutent sur les baatezus partout dans le multivers. Ceux qui échouent dans leur mission ou qui font honte à la race sont voués à endurer moult supplices. C’est pourquoi les fiélons convoqués par cette méthode sont un peu plus inquiets concernant les devoirs qu’on leur a transmis.
Comment les contrôler
Contrôler un baatezu convoqué est tout aussi risqué. Même s’ils sont limités dans leurs actions par les cercles de convocation que tout mage intelligent trace lorsqu’il fait appel à une créature d’outreplan, les plus talentueux d’entre eux peuvent négocier leur libération quasiment à chaque fois. Cela pourrait juste être une vantardise émanant de Baator, mais j’ai entendu dire que certains fiélons ont été convoqués si souvent qu’ils peuvent déterminer, rien qu’en les observant, les races de plus d’une centaine de mondes matériels primaires – et les faiblesses de chacune.
Par conséquent, si un mortel espère contrôler un baatezu convoqué, il ferait mieux de s’assurer de vérifier par trois fois chacun des sceaux et de prononcer sa requête de façon à ce que la créature ne puisse y trouver de faille. Les baatezus sont passés maîtres dans la manipulation, ils décèlent la moindre fissure dans chaque protection, qu’elle soit magique ou verbale, et ils l’exploitent du mieux qu’ils peuvent. Ils cherchent à répandre le mal autant qu’ils le peuvent, tant que cela sert les objectifs de leur race. Si tout le reste échoue, ils suivront les instructions tellement au pied de la lettre que le convocateur souhaitera ne jamais avoir traité avec eux.
Une autre astuce bien plus insidieuse s’applique plus précisément aux convocateurs réguliers. Les fiélons laissent des failles dans les contrats pour pouvoir s’échapper, tirant parti des lacunes les plus flagrantes. Lorsque le lanceur de sorts s’est suffisamment avili avec ses convocations pour en venir à se piéger lui-même dans les filets du mal, alors le baatezu finit par abattre et terrasser le bige.
(C’est pourquoi la plupart des contrats – même ceux conclus avec des marchands honorables du Quartier de La Dame – sont parsemés de petits caractères. Evidemment, ça sert à protéger le signataire de toute tromperie, en comblant les vides qui pourraient être exploités le cas échéant. Mais la pratique préconise de ne pas traiter avec les baatezus. Ils sont les maîtres des aspects juridiques et des infimes détails ; n’ignorez cela qu’à vos risques et périls).
Voici la chose la plus importante à se rappeler : les baatezus convoqués, même s’ils sont totalement liés par des abjurations et des symboles sacrés, tenteront toujours d’échanger leurs services au lieu de les fournir gratuitement. La plupart des convocateurs (plus particulièrement les novices) ne connaissent pas cette ruse ; les fiélons fournissent un service, et le convocateur doit en fournir un en retour. Quoique demandent les fiélons, c’est toujours dans le but de faire avancer les objectifs des baatezus ou de piéger le convocateur dans un tissu de mensonge, de magie et de mal qui ne s’arrête que lorsque le lanceur de sorts devient un lémure sur Baator. (Les mortels avisés savent qu’ils n’ont pas besoin d’échanger leurs services ; ils soumettent tout simplement leurs exigences aux fiélons).
Le meilleur conseil pour traiter avec les baatezus est tout simplement de les laisser tranquilles. Mais si le lanceur de sorts en vient à convoquer un fiélon qui n’est pas très futé, il pourra soutirer un service à la créature malchanceuse. Et tous les baatezus sont contraints d’honorer les accords loyaux conclus par n’importe quel membre de leur race, même si lesdits membres ont été dupés. Les accords faits par les exilés ne comptent pas, évidemment, mais une négociation faite avec un abishaï pourrait même asservir un membre des Sombres Huit. (Bien entendu, le grossium examinera l’accord très soigneusement et exploitera toutes les failles qu’il trouvera, mais quand même…).
Moi ? Azimuté ? Et alors, c'est quoi le problème bige ?
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Regnus Roy
Au cours des nombreuses fouilles que j’ai menées pour ce projet, j’ai découvert des douzaines de fragments de textes émanant de primaires qui détaillaient leurs rencontres avec des fiélons. Et aussi sûr que Sigil existe, les baatezus ont déployé dans chacun d’eux des efforts considérables pour faire forte impression. Ils s’imaginent qu’en assaillant les émotions d’un bige, ils peuvent lui faire ressentir le pouvoir de leur race et la terreur de fricoter avec les forces obscures.
Voici un fragment que j’ai découvert dans un livre poussiéreux appelé Le Sombre Au-delà :
… Mon cercle de craie terminé, j’attendais la venue du fiélon qui avait soi-disant terrorisé cet endroit depuis tant d’années. Je n’ai pas eu à attendre bien longtemps.
Les émanations d’électricité le long des lignes du symbole présageaient son apparition. La puanteur des royaumes inférieurs se répandait dans la salle tandis que le gouffre d’une fosse infernale s’entrouvrait toujours plus large afin de déverser sa lourde cargaison. Je retins mes mots, ma vue devenait floue à cause des vapeurs âcres, et à travers ma vision déchirée je vis la créature s’approcher. Elle est venue, non pas par les airs comme le ferait une bête ordinaire, mais par les recoins de l’espace, parcourant une distance inimaginable et émergeant à une vitesse prodigieuse.
Le fiélon se tenait enfin dans mon cercle, tout juste contenu par les lignes. Ses yeux, rouges et malveillants, me contemplaient avec une telle sournoiserie que durant un instant, je craignais avoir servis ses objectifs en l’attirant ici. Je chassais cette pensée de mon esprit et commençais l’abjuration qui l’entraînerait à jamais dans l’oubli.
A l’intérieur du cercle, la créature se mit à bailler. Ses ailes de cuir se déployèrent derrière elle, et grincèrent de toute leur immense envergure tandis qu’elles s’étendaient lentement et remplissaient la cave, et là –
Elle sorti du cercle.
Bien sûr, certains primaires savent ce qu’ils font, mais les planaires ont une meilleure aptitude à traiter avec les apparitions de fiélons. Un lanceur de sort perdra toujours la bataille s’il devient azimuté lorsque la chose se pointe dans son château – il l’appelle, pour bénéficier du pouvoir, mais il ferait mieux d’être prêt à la contenir ! Ça ne veut pas non plus dire qu’il doit l’enguirlander. Un affranchi avisé reconnaît la dangerosité d’un fiélon et il le traite avec respect.
Que pensent les baatezus des mortels ? Pour la plupart, la même chose que les mortels pensent des mouches : ils les ignorent, mais les écrasent si elles les ennuient. Même la vie d’un elfe – longue de plusieurs milliers d’années – n’est rien de plus qu’une journée ou une semaine pour un fiélon. Bien sûr, les mortels sont tenaces et très prolifiques, mais ils sont trop faibles pour défier ne serait-ce qu’une seule des races fiélonnes. Ce sont des insectes ; des vermines. Mais ça ne veut pas dire qu’ils ne peuvent pas être exploités puis mis de côté.
Je pense que si un matois acquiert une certaine connaissance ou un formidable pouvoir (ou s’il a le potentiel de l’obtenir, ce dont les fiélons ont l’habitude de reconnaître), les baatezus pourraient le traiter avec un peu plus de respect. C’est pourquoi les Sombres Huit ont fondé le Ministère des Relations Mortelles – pour traiter avec les cas spéciaux qui méritent un peu plus que d’être simplement écrasés (même si le ministère tente toujours d’insuffler aux bougres de mortels un arrière-goût de trahison, d’une manière ou d’une autre). Sous la bienveillance de Furcas, le ministère est supposé gouverner toutes les relations avec les mortels, et les fiélons envoyés lors des convocations (ou en vagabondage) sont informés avant de quitter Baator.
En général, les baatezus qui restent chez eux n’obtiennent pas le même entraînement. Voyez-vous, les mortels qui se rendent sur Baator sont supposés s’en tenir à certains endroits, des lieux où les agents du ministère peuvent opérer leurs charmes sur eux. Bien entendu, avec tous les portails de Sigil (et d’ailleurs), il est probable que certaines personnes passent à travers les mailles du filet – et c’est à ce moment-là qu’ils s’aperçoivent à quel point Baator est vraiment diabolique.
Il n’est guère difficile pour un baatezu de communiquer avec les mortels. Ils connaissent de nombreux langages et, le cas échéant, ils peuvent utiliser la télépathie. Lorsqu’ils le font, leurs pensées sont tout simplement traduites dans la langue de l’interlocuteur. Mais étant donné qu’ils pensent avec leurs propres langages de caste (voir « Langages » plus loin dans ce chapitre) et avec d’affreux concepts et métaphores maléfiques, l’auditeur ne peut s’empêcher d’entendre un faible et terrifiant bourdonnement en fond du message télépathique. Si le fiélon fait un effort, il peut filtrer la plupart des « parasites », mais peu d’entre eux se soucient de cette subtilité.
La chanson raconte que les baatezus prennent possession des corps des mortels, de sorte qu’ils peuvent propager les paroles du mal dans tout le multivers sans craindre d’être découverts. Ce ne sont que des ragots d’azimutés. Bien sûr, les fiélons pourraient implanter des graines d’eux-mêmes dans les esprits des bougres, et ils pourraient utiliser la magie pour s’en emparer s’ils le désiraient, mais quel en serait l’intérêt ? Non, les baatezus sont trop subtils pour prendre totalement le contrôle des corps de mortels. Ils laissent cette grossière expérience aux tanar’ris.
Ce discours sur la possession des corps me rappelle une chose que les chochottes ne vont pas apprécier : les baatezus s’accouplent parfois avec les mortels. Ce n’est pas aussi rare que ce que la plupart des gens pensent ; il semblerait que les fiélons font en sorte d’engendrer une descendance avec les autres races. Mais je ne sais pas à quoi ressemblent ces enfants mi-baatezus mi-mortels, car je n’en ai jamais vu de près personnellement. Cependant, il est presque certain que ces demi-baatezus existent. Autrement, comment pourrions-nous obtenir des tieffelins avec du sang baatorien, qui sont (pour ainsi dire) des quarts de baatezus ?
Moi ? Azimuté ? Et alors, c'est quoi le problème bige ?
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Nomoto Sinh
Je n’ai eu aucun mal à convaincre mon « amie » érinye de me raconter l’histoire de la création des Sombres Huit, un conte qui est devenu depuis une légende (et qui doit donc être considéré comme suspect).
Jadis, me dit-elle, un grand et intelligent diantrefosse nommé Cantrum a ressenti le besoin de favoriser l’ordre dans les rangs des baatezus, et il rassembla huit de ses semblables qui partageaient son point de vue. La force combinée de neufs diantrefosses ambitieux et extrêmement bien organisés apporta un nouveau modèle de réussite par le biais de la discipline.
Apparemment, il y a quelques débats à Baator pour savoir si le groupe s’est créé d’après une idée des Seigneurs des Neuf, ou s’ils ont pris cette initiative d’eux-mêmes. Le fait que certains d’entre eux se soient élevés dans les rangs au service des seigneurs n’est d’ailleurs pas un secret. Quoiqu’il en soit, les Sombres Neuf (tels qu’ils étaient alors nommés) devinrent la force dirigeante de la race, une sorte de guilde qui servait d’intermédiaire entre les caprices des nobles baatezus (et des seigneurs) et les besoins des baatezus ordinaires.
Et puis un jour, Cantrum tomba sous la lame d’un assassin. La plupart disent que le tueur était un paladin, même si certains fiélons affirment qu’il s’agissait d’un abishaï. Peu importe ; Cantrum mourut. Et plutôt que d’essayer de remplacer leur inestimable fondateur (ce dont ils craignaient ne pouvoir y arriver), les diantrefosses restants renommèrent leur cercle les Sombres Huit, tout en jurant de toujours honorer la mémoire de leur chef.
En tout cas, c’est l’histoire qu’on raconte dans la société Baatorienne. Mon contact m’a dit que les Sombres Huit ont appris une leçon du destin de Cantrum et qu’ils se sont protégés des assassinats et des intrigues qui caractérisent le reste de la société baatezu. En d’autres termes, les actuels diantrefosses qui se désignent comme les Sombres Huit sont supposés être les mêmes diantrefosses qui se rallièrent autrefois à Cantrum. J’en doute fort. Mais si ce sont vraiment les mêmes, ce sont des créatures uniques au sein des perfides baatezus. Et même s’ils s’adonnent à la politique et aux rivalités (comme ils le doivent !), ils dissimulent leurs querelles des yeux des mortels.
Chacun des Sombres Huit supervise l’un des ministères de la culture baatezu ; voici les noms des fiélons et leur assignation : Baalzephon, Maître des Approvisionnements de Baator ; Corin, Maître des Espions ; Dagos, Marshall des Fosses ; Furcas, Ministre des Relations Mortelles ; Pearza, Directeur des Recherches ; Zaebos, Ministre des Promotions ; Zapan, Ministre de la Diplomatie Immortelle ; et Zimimar, Ministre de la Morale.
Le prestige et l’influence des Sombres Huit sont tout du moins équivalents à ceux des nobles baatezus qui servent les seigneurs. Toutefois, les Huit restent des diantrefosses ordinaires, tandis que les nobles assument de plus grands pouvoirs physiques et une plus grande proximité avec les vrais maîtres du plan. Néanmoins, peu de mortels sont suffisamment fous pour tester les limites des Sombres Huit. Ils peuvent rejoindre la plupart des endroits du multivers, et en tant que dirigeants des ministères de Baator, ils ont accès à bien plus d’informations que la plupart des créatures qui vivent dans les plans. Il est donc préférable de ne pas les gueuser.
Moi ? Azimuté ? Et alors, c'est quoi le problème bige ?
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Pages 41 à 66 (26 pages à traduire)
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- Ungoliant
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- Ungoliant
Mais après, tu fais comme bon te semble.
Les meilleurs passages sont ceux de Xanxost qui sont terriblement drôles.
Moi ? Azimuté ? Et alors, c'est quoi le problème bige ?
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